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Le 1er juillet 1990 je suis parti de Bruxelles. J'ai traversé Mechelen, Scherpenheuvel, St Truiden, Liège,le Luxembourg, Metz, Freiburg, Bregenz, Landeck,
Reschenpass, Bolzano, Trento, Triëste, Rijeka, Split, Medjugorge, Dubrovnik, Podgorice, Pec, Pristina, Skopje, Thessalonique. |
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Première semaine C'était un dimanche tranquille à Bruxelles. J'assistai dicrètement à la messe à la cathédrale St. Michel. Après cela a vraiment commencé. Je suis passé le long du parlement et des bâtiments de la communauté européenne. En soirée je suis arrivé à pied à Mechelen pour y dormir une dernère fois dans mon propre lit.
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Deuxième semaine Il faisait très nuageux et les premières gouttes tombèrent vers midi. Dans les Ardennes j'atteignis un gîte à Chéneu . Puis je suis passé par les cascades de Coo et j'ai continué par Vielsalm. Le 11 juillet j'ai traversé la frontière et j'ai logé chez de bons amis à Weiswampach au Luxembourg. La grande chaleur était revenue entretemps. L'après-midi je cherchais donc des endroits ombragés pour me reposer un peu. La nuit du samedi j'ai logé dans les environs de Luxembourg-ville dans une petite pension. Le dimanche, lorsque j'était occupé à manger au cimetière de Bettembourg, j'entendis à la radio que Rudi Van Snick était le premier Belge à avoir atteint le sommet de l'Everest. J'ai passé ma première nuit en France sur un petit terrain de football, quelque part en-dessous d'une tribune, sur du béton.
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Troisième semaine Un lundi très chaud et lourd, se terminant par un orage. Je suis passé par Thionville et comme j'avançais bien, j'ai continué jusque Woippy, où j'ai pu passer la nuite chez des amis.J'y étais en fait un jour trop tôt et pour cette raison Marianne est rentrée chez elle qu'à minuit moins le quart. Par le nombre de kilomètres que j'avais marchés et la longue attente jj'étais complètement éreinté et j'avais un mal de tête terrible. Je craignais avoir encouru une insolation. Ce jour de repos en devint donc un second. En même temps l'occasion pour acheter une petite tente. Ce n'était pas facile de trouver en route un toit pour dormir.
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Quatrième semaine J'atteignis le lendemain le lieu de pélérinage de Dabo, avec une chapelle sur un haut rocher.Ensuite j'étais en Alsace. J'ai traversé des villages à consonance allemande comme Obersteigen, Romanswiller…Le mardi soir j'ai logé à Wasselonne, dans un hôtel assez luxueux, étant donné que l'aute hôtel (plus modeste) était fermé. Je devais ici aussi téléphoner à Radio 2. La réception de Radio 2 sur ma petite radio était très, très mauvaise.Heureusement que les jours suivants il faisait moins chaud grâce à un soleil voilé.Le mercredi 25 juillet, jour de la fête de Sr. Job, je traversais la « route du vin d'Alsace»,de jolis vignobles portant des tout petits raisins , de charmants paysages ondoyants , l'après-midi Molsheim,Rosheim,Heiligenstein et le soir après 30 km je me suis arrêté à un gîte à Barr.
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Cinquième semaine Je n'ai pas bien dormi la seconde nuit à l'auberge de la jeunesse : il avait plu et il y avait un eu un orage. A 7 h 30 j'ai quitté la ville par une route très fréquentée juqu'à Titisee. Il me fallait quelque peu insister pour y trouver une chambre pour une nuit dans cet endroit très touristique. Le mardi j'ai été à la rédaction de la 'Badische Zeitung' à Neustadt. J'y ai donné une interview en échange d'une tasse de café. Après cela , heureusement de petits chemins tranquilles. En cours de route je demandai quelque part de l'eau : mais cela me fut refusé !..Mon passage avait apparemment dérangé les chiens !…La maison suivante m'a bien entendu donné à boire. A Bacheim j'ai logé dans une 'fremdenzimmer' où j'ai joui d'une bonne schnitsel. A la radio j'entendis qu'en Belgique il y avait presqu'un manque d'eau. Pour moi le soleil était voilé et il y avait un petit vent : idéal pour marcher.
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Sixième semaine La nuit il y avait eu un violent orage et le matin il pleuvait encore ; j'ai attendu un peu et je suis finalement quand même parti. A 12h30 j'ai traversai la frontière autrichienne et j'ai encore pu échanger mes derniers Marks allemands en chocolat. Je suis arrivé à Bregenz par l'embarcadère de la 'Bodenmeer'. Là j'ai encore fait mon récit aux rédactions des « Vorarmberg Nachrichten » et « Die Neue Krone Zeitung ». L'on m'y a aidé pour trouver un col adéquat qui me conduirait en Italie. Heureusement que j'ai encore pu trouver une place dans une auberge de jeunesse archi-pleine. Au petit-déjeuner je lus l'article (avec photo) dans le « Vorarlberg Nachrichten ». Comme il faisait très nuageux et froid, je mangeai mon pain de midi dans un abri de bus. J'étais à présent confronté avec les premiers tunnels et les dangereux virages. On m'offris l'hospitalité (gratuite) au « Gasthof Ritter » à Andelsbuch. L'aimable hôtelier m'a bien aidé, je pouvais téléphoner et faxer au centre de controle routier. Le mercredi j'avançais lentement en grimpant par Au jusqu'à Bad Hopfreben. J'ai logé dans une maison d'accueil et la nourriture y était excellente. Mon tibia droit me faisait souffrir : à cause de ma montée sans doute. Le jour suivant j'ai passé le ' col du Hochtanberg' (il y faisait frais). Le midi à Warthe j'ai dû changer de chaussettes. Mes chaussette bleues étaient devenues trop minces et je retiré un peu de peau de mes cloques aux pieds. Ensuite par les tunnels du 'Flexenpass' et 'Arlberpass'. Un jour vraiment éreintant. J'ai continué jusque St. Anton car les hôtels à St. Christof me semblaient trop chers, mais le « Zimmer frei » à St. Anton fut aussi très cher. Lorsque je bus mon yaourt à Pians et que j'enlevai mes souliers je constatai qu'il y avait du sang sur mes chaussettes. Après cela, clopin clopant, je continuai jusque Landeck en ayant passé par une route avec beaucoup de trafic et pleine de virages dangereux. Samedi, c'était mon jour de repos et de lessive. La messe du dimanche était conduite par un très jeune prêtre et beaucoup d'enfants de choeur. Après avoir repris la route je constatai que j'avais oublié mes lunettes de soleil et j'étais déjà trop loin pour y retourner.
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Septième semaine D'abord tranquillement par un ancien chemin solitaire. D'abord Pfunds ensuite une grand'route direction Italie. Grimpant par de petites routes sinueuses aux paysages splendides, puis de nouveau par des tunnels et galeries. Logé à Nauders. Le mardi il faisait soleil ; je continuai le 'Resschenpas', encore une petite route. L'on me donna un tampon à la frontière italienne et je continuai jusqu'à Resia. Je pris un chemin tranquille le ong d'un lac. A Burgeis je pouvais bien retirer mes premières lires du mur mais je ne trouvai pas de chambre. A l'office du tourisme à Mals l'on a téléphoné à tous les hôtels et chambres d'hôte, mais en vain. Finalement j'ai quand même eu une chambre chez des particuliers. Entretemps jje faisais déjà connaissance avec la pluie italienne. Le jour suivant : une lente descente, une peu de pluie parfois, ensuite des goûtelettes provenant des tuyaux d'arrosage d'innombrables vergers de pommiers. A Goldrain j'entrai - sans trop d'espoir - dans un grand hôtel (vacances sportives). Pas une chambre et plus d'autres hôtels à proximité. Après avoir beaucoup insisté j'ai pu dormir dans mon sac de couchage dans une sorte de dépôt (ou sauna ?). Il s'y trouvait aussi un banc solaire mais il n'y avait pas de fenêtres. A l'hôtel j'ai quand même pu regarder la télé et aller dans la piscine.
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Huitième semaine Je dormis un peu plus longtemps ;j' achetai un pain, du lait et du chocolat pour mon petit-déj sur un banc. Vers midi j'étais jéà à Trento. Je suis allé me reposer un peu à la 'Duoma' (la grand' église).J'avais déjà téléphoné à une télé mais je devais rappeler (mais je n'avais pas l'intention de le faire).Je passai ensuite par un bâtiment de la 'Radio Televideo Italiana' et je
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Neuvième semaine IJe ne parvenais pas à trouver des cartes détaillées, de la Yougoslavie non plus. Voilà pourquoi je suivais presque tout le temps des grand' routes. Je traversai plusieurs rivières.IL faisait couvert mais chaud. Le mardi j'arrivai à Portogruaro. J'appris là dans une pension via mon émetteur radio que Willy Vandersteen (le créateur de Bob et Bobette) était décédé. Le jour suivant j'eus un court entretien sur Radio 2. La communication téléphonique était très mauvaise et je comprenais à peine Peter. Tous les magasins alimentaires étaient fermés à Palazzolo. Je logeai à nouveau dans une 'albergo'. Petit-déjeuner : deux cappuccinos et deux couques. Il faisait très lourd. J'eus l'occasion de cueillir quelques noix, les figues n'étaient pas encore mûres.Je suivis toute la journée la grand'route pour Tieste.Le soir à Cervignano je mangeai une peu de macédoine de légumes d'une boîte de conserve dans ma chambre à l'hötel Friuli. Petit-déjeuner dans la chambre avec du fromage,du pain et de l'eau. J'ai essayé de changer de l'argent yougoslave mais cela ne valait rien. Le soir un petit hôtel Pescadore à Duino. L' Italie est cher, et malgré quelques contacts avec des Italiens je ne m'y sens pas vraiment bien. A Sistiana je vis dans le lointain la mer Adriatique pour la première fois.Un employé du bureau de tourisme me donna beaucoup d'infos sur la Yougoslavie. Il commença alors à pleuvoir et je dus régulièrement m'abriter sous des arbres ou derrière des murs.J'étais près de Trieste mais je ne parvenais pas à arriver dans la ville.Je parcourai de petits villages sans hôtel et voilà pourquoi je passai ma dernière nuit en Italie dans un motel de luxe avec piscine, la nuit la plus chère de mon périple. A Pese j'ai assisté à la messe du dimanche dans une petite église. Les jeunes enfants de choeur étaient de petits plaisantins.Je supposais que le service était en slovénien. A la frontière je pus me procurer de l'argent yougoslave . Il me fallait bien examiner et soupeser le tas de dinars, de différentes grandeur et couleurs. Je compris que 1000 anciens dinars yougoslaves valait 1 nouveau dinar. Il fallait donc ôter trois zéros des anciens billets, encore valables. Au taxfree J'achetai encore avec mes dernières lires deux barres de chocolat. Une fois la frontière
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Dizième semaine Après un énorme petit-déjeuner de pain et de confiture , je fis encore quelques achats au 'market', un supermarché ' à la yougoslave' : peu de choix mais les produits de base principaux s'y trouvaient. Du lait dans des sachets en plastique ! Ensuite je continuai par des routes très fréquentées avec beaucoup de caravanes et des bateaux sur des remorques. Beaucoup d'ordures le long des routes.J'avais traversé la presqu'île de l'Istrie et je revoyais la mer adriatique. Logé à Matulji. Il y avait aujourd'hui une grève générale à Kosovo ! Le matin je m'étais trompé de route, direction Opatija. J'ai perdu ainsi une grosse heure et arrivai finalement à Rijeka à 12 h. Un certain Boris m'aborda en anglais et m'a bien aidé à poursuivre ma route. Il m'a accompagné jusqu' Yugobanka (pour le visa) et l'office de tourisme. Nous avons bu ensemble une bière et mangé une glace. Il m'a montré le bon chemin pour quitter Rijeka. Logé dans un 'zimmerfrei' à Martinsvica et mangé dans un 'buffet'.Les gens sont aimables et connaissent assez bien l'allemand, grâce au tourisme.J'y ai eu quelques conversations intéressantes. J'ai suivi la 'Jadranska Magistrale' (grand'route le long de la côte adriatique).Beaucoup d'industries de raffinnerie de pétrole à Bakar :l'on voyait des flammes permanentes de gaz gris-noir. A Bakarac j'allai m'abriter de la pluie dans une église et j' ai pris mon déjeuner au jubé. Une femme entra tout à coup, pria à haute voix et sortit aussi vite qu'elle était entrée. Mais elle avait bien fermée la porte à clef ! Je me disais que je devrais faire sonner les cloches pour qu'on vienne me libérer mais heureusement que j'ai trouvé une porte d'une entrée latérale dont la clef était à l'intérieur et j'ai ainsi pu sortir ! Plus tard en cours de route j'ai conversé avec quelques touristes belges. Le lendemain, vu que je n'avais pas de carteadéquate, je me suis perdu dans un petit village ; le chemin devenait de plus en plus étroit, j'essayai de descendre une côte mais j'aboutis finalement dans des chardons. Lorsque je vis tout à coup à la hauteur de mon visage un petit serpent vert sur une branche, je décidai vite de rebrousser chemin. Je me perdis à nouveau et je dus finalement retourner à Klostar. J'atteignis le midi Crikvenica par la grand-route où je pus envoyer deux films à Stan dans une enveloppe de fortune. Ensuite je trouvai une petite route le long de la plage : touristes, adorateurs de soleil, monokinis…J'entendis à la radio Sadam Hoessein incitant à une guerre sainte pour la libération de Jérusalem. Dimanche aura lieu une conférence au sommet entre Bush et Gorbatchov. Le vendredi soir à Senj l'ofice de tourisme me donna une chambre dans l'appartement de Sonja. Je pris le thé avec elle et elle tentait de répondre à mon français en italien ; pas vraiment une conversation réussie !..Lorsque j'entendis jouer les enfants à l'extérieur je pensais à une chanson de Marianne Faithtull nt. :'it's the evening of the day ; I sit and watch the children play…' Je marchai tout mon 70ième jour le long de la côte adriatique. Beaucoup de petites îles dans le lointain couleur rouille dans une mer brillante. Pour atteindre ma 'zimmefrei' je devais encore grimper 400 mètres dans des buissons. Je fus assez ému d'entendre à la radio 'Daar gaat ze' de Clouseau dédié à ' nos garçons au Golfe '. Moins de trafic le dimanche sur la 'Jadranska Magistrala'. Le soir j'allai encore nager à Cesarea, près d'un petit port. Je bus un demi litre de vin : je laissai les moustiques dans le verre. Traduction Joëlle Boone |
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