A pied à Jerusalem ? (1)

 

Le 1er juillet 1990 je suis parti de Bruxelles. J'ai traversé Mechelen, Scherpenheuvel, St Truiden, Liège,le Luxembourg, Metz, Freiburg, Bregenz, Landeck, Reschenpass, Bolzano, Trento, Triëste, Rijeka, Split, Medjugorge, Dubrovnik, Podgorice, Pec, Pristina, Skopje, Thessalonique.
J'ai toutefois abandonné le 8 novembre , deux jours après Thessalonique, et suis retourné en train.

 
 
Bruxelles, dimanche le premier julliet 1990. Les tournesols en France. En Alsace.

 

Première semaine

C'était un dimanche tranquille à Bruxelles. J'assistai dicrètement à la messe à la cathédrale St. Michel. Après cela a vraiment commencé. Je suis passé le long du parlement et des bâtiments de la communauté européenne. En soirée je suis arrivé à pied à Mechelen pour y dormir une dernère fois dans mon propre lit.
Le second jour par l'église Hanswijk et la grand-place où c'était kermesse, ensuite je suis passé chez mes parents à Kathelijne-Wavre pour un copieux repas. Le temps était très beau et dans l'après-midi j'ai continué pour O.L.Vr. Waver et Putte. J'y ai dormi dans mon sac de couchage en dessous du toit de la dour de récréation d'une école. Le troisième jour : direction Heist op den Berg et j'ai dormi à Heultje chez un collègue-pélerin pour Compostelle.Le long des abbayes des Nobertins de Tongerlo et Averbode vers Montaigue,
Toujours plus loin par St. Truiden, Liège, Banneux, où j'arrivai le dimanche 8 juin. Il faisait très chaud. J'ai encore une fois dormi dans un petit hotel, pris une bonne douche et un excellent repas avec du potage.

 

Deuxième semaine

Il faisait très nuageux et les premières gouttes tombèrent vers midi. Dans les Ardennes j'atteignis un gîte à Chéneu . Puis je suis passé par les cascades de Coo et j'ai continué par Vielsalm. Le 11 juillet j'ai traversé la frontière et j'ai logé chez de bons amis à Weiswampach au Luxembourg. La grande chaleur était revenue entretemps. L'après-midi je cherchais donc des endroits ombragés pour me reposer un peu. La nuit du samedi j'ai logé dans les environs de Luxembourg-ville dans une petite pension. Le dimanche, lorsque j'était occupé à manger au cimetière de Bettembourg, j'entendis à la radio que Rudi Van Snick était le premier Belge à avoir atteint le sommet de l'Everest. J'ai passé ma première nuit en France sur un petit terrain de football, quelque part en-dessous d'une tribune, sur du béton.

 

Troisième semaine

Un lundi très chaud et lourd, se terminant par un orage. Je suis passé par Thionville et comme j'avançais bien, j'ai continué jusque Woippy, où j'ai pu passer la nuite chez des amis.J'y étais en fait un jour trop tôt et pour cette raison Marianne est rentrée chez elle qu'à minuit moins le quart. Par le nombre de kilomètres que j'avais marchés et la longue attente jj'étais complètement éreinté et j'avais un mal de tête terrible. Je craignais avoir encouru une insolation. Ce jour de repos en devint donc un second. En même temps l'occasion pour acheter une petite tente. Ce n'était pas facile de trouver en route un toit pour dormir. 
Je laissai ma caméra-réflexe chez mes amis car il y avait des problèmes aux lentilles. Le jeudi je suis passé à côté de la cathédrale de Metz ensuite direction Pange, où j'ai pu dormir dans un petit château, aménagé actuellement en musée. Tout était plein de poussière et je me suis installé sur quelques carpettes dans une espèce de dortoir.Le lendemain je parcourus des chemins tranquilles, des champs et des bois jusqu'au camping de Morhange.Le samedi 21 juillet je n'ai trouvé aucun hôtel et j'ai dormi dans mon sac de couchage sur l'herbe dans le vieux petit cimetière militaire de « L'Espérance ». Je fus réveillé le matin par des vaches en train de paître. Ce jour là, 22 km plus loin, j'ai passé une meilleure nuit notamment dans le petit hôtel « Chez l'ami de Fritz » à Sarrebourg.

 

Les cimetieres de guerre dans la région de Verdun. La  route du vin d'Alsace

 

Quatrième semaine  

J'atteignis le lendemain le lieu de pélérinage de Dabo, avec une chapelle sur un haut rocher.Ensuite j'étais en Alsace. J'ai traversé des villages à consonance allemande comme Obersteigen, Romanswiller…Le mardi soir j'ai logé à Wasselonne, dans un hôtel assez luxueux, étant donné que l'aute hôtel (plus modeste) était fermé. Je devais ici aussi téléphoner à Radio 2. La réception de Radio 2 sur ma petite radio était très, très mauvaise.Heureusement que les jours suivants il faisait moins chaud grâce à un soleil voilé.Le mercredi 25 juillet, jour de la fête de Sr. Job, je traversais la « route du vin d'Alsace»,de jolis vignobles portant des tout petits raisins , de charmants paysages ondoyants , l'après-midi Molsheim,Rosheim,Heiligenstein et le soir après 30 km je me suis arrêté à un gîte à Barr.
Le jeudi des vignobles encore en de petits villages avec ateliers. Il faisait chaud, pas un nuage dans le ciel. L'après-midi je passai des champs avec des arroseurs, c'était un chemin sans ombre direction Muttersholz. La CPIE (amis de la nature) m'y a offert l'hospitalité. Le vendredi j'ai traversé le Rhin par un grand pont pour arriver en Allemagne. Il faisait toujours aussi lourd. Je demandai quelque part de l'eau mais je reçus un grand verre de vin blanc à la place…J'ai pu passer la nuit dans un 'Zimmer frei' à Oberrotweil. Le lendemain je me suis fait plaisir en cueillant et mangeant des mûres et des prunes. En fin de journée j'ai suivi un petit chemin le long d'une rivière. Je voyais passer des touristes et des fanas de soleil. Et moi, je transpirais comme un cheval, car la chaleur était terrible. Une fois arrivé à l'auberge de jeunesse j'ai profité d'un jour de repos et j'ai lavé mes vêtements.

 

Cinquième semaine

Je n'ai pas bien dormi la seconde nuit à l'auberge de la jeunesse : il avait plu et il y avait un eu un orage. A 7 h 30 j'ai quitté la ville par une route très fréquentée juqu'à Titisee. Il me fallait quelque peu insister pour y trouver une chambre pour une nuit dans cet endroit très touristique. Le mardi j'ai été à la rédaction de la 'Badische Zeitung' à Neustadt. J'y ai donné une interview en échange d'une tasse de café. Après cela , heureusement de petits chemins tranquilles. En cours de route je demandai quelque part de l'eau : mais cela me fut refusé !..Mon passage avait apparemment dérangé les chiens !…La maison suivante m'a bien entendu donné à boire. A Bacheim j'ai logé dans une 'fremdenzimmer' où j'ai joui d'une bonne schnitsel. A la radio j'entendis qu'en Belgique il y avait presqu'un manque d'eau. Pour moi le soleil était voilé et il y avait un petit vent : idéal pour marcher.
Le jour suivant je parcourais de petites routes. Les chemins devenaient de plus en plus petits, le long d'une petite rivière avec de romantiques petites cascades. Finalement je me trouvais au milieu d'une prairie et je ne voyais plus aucun chemin. Heureusement que j'ai choisi la bonne direction et suis arrivé à Mundelfingen. Ensuite de beaux petits chemins jusqu'au soir pour arriver à Leipferdingen. J'ai déguster un demi litre d' une délicieuse bière à Gasthof Germania. Le jeudi j'ai parcouru des champs et des chemins solitaires jusque Bittelbrun. Le midi je mangeai mon pain dans un cimetière et j'appris par ma radio que l'Irak avait envahi le Koeweit. Le vendredi midi j'aperçus pour la première fois le Bodensee. J'ai dormi dans l' auberge de jeunesse de überlingen. Le jour avait été très ensoleillé et chaud. J'avais à nouveau des cloques sur les pieds, et une derrière mon tendon d'achille, très douloureux ! Le lendemain je n'ai trouvé aucun magasin dans le premier village où j'arrivais,mais bien à Unteruhldingen où j'ai acheté de la nourriture. Ensuite j'ai passé l'église baroque de pélérinage de Birnau. Après j'ai suivi les rives de la 'Bodensee', où beaucoup de touristes jouissaient de leurs vacances. A Immernstaad je ne trouvais aucun petit hôtel bon marché mais finalement j'ai quand même pris une chambre au Gasthof Adler. Il n'y avait pas un souffle de vent et il faisait très chaud. Le dimanche matin j'ai pu apprécier un petit orchestre de jazz qui jouait dans le kiosque de Friedrichshafen. Un autre jour de canicule, l'eau du lac me rafraîchissait quelque peu. Je pris une chambre à Kressbron et j'ai mangé une énorme côtelette.

 

Parfois des petits chemins tranquille (Titisee, Allemagne). Dans les tunnels de Tirol, Autriche.

 

Sixième semaine

La nuit il y avait eu un violent orage et le matin il pleuvait encore ; j'ai attendu un peu et je suis finalement quand même parti. A 12h30 j'ai traversai la frontière autrichienne et j'ai encore pu échanger mes derniers Marks allemands en chocolat. Je suis arrivé à Bregenz par l'embarcadère de la 'Bodenmeer'. Là j'ai encore fait mon récit aux rédactions des « Vorarmberg Nachrichten » et « Die Neue Krone Zeitung ». L'on m'y a aidé pour trouver un col adéquat qui me conduirait en Italie. Heureusement que j'ai encore pu trouver une place dans une auberge de jeunesse archi-pleine. Au petit-déjeuner je lus l'article (avec photo) dans le « Vorarlberg Nachrichten ». Comme il faisait très nuageux et froid, je mangeai mon pain de midi dans un abri de bus. J'étais à présent confronté avec les premiers tunnels et les dangereux virages. On m'offris l'hospitalité (gratuite) au « Gasthof Ritter » à Andelsbuch. L'aimable hôtelier m'a bien aidé, je pouvais téléphoner et faxer au centre de controle routier. Le mercredi j'avançais lentement en grimpant par Au jusqu'à Bad Hopfreben. J'ai logé dans une maison d'accueil et la nourriture y était excellente. Mon tibia droit me faisait souffrir : à cause de ma montée sans doute. Le jour suivant j'ai passé le ' col du Hochtanberg' (il y faisait frais). Le midi à Warthe j'ai dû changer de chaussettes. Mes chaussette bleues étaient devenues trop minces et je retiré un peu de peau de mes cloques aux pieds. Ensuite par les tunnels du 'Flexenpass' et 'Arlberpass'. Un jour vraiment éreintant. J'ai continué jusque St. Anton car les hôtels à St. Christof me semblaient trop chers, mais le « Zimmer frei » à St. Anton fut aussi très cher. Lorsque je bus mon yaourt à Pians et que j'enlevai mes souliers je constatai qu'il y avait du sang sur mes chaussettes. Après cela, clopin clopant, je continuai jusque Landeck en ayant passé par une route avec beaucoup de trafic et pleine de virages dangereux. Samedi, c'était mon jour de repos et de lessive. La messe du dimanche était conduite par un très jeune prêtre et beaucoup d'enfants de choeur. Après avoir repris la route je constatai que j'avais oublié mes lunettes de soleil et j'étais déjà trop loin pour y retourner. 
J'ai suivi la rivière Inn jusqu'à Putz où se déroulait une fête de village avec de petites échoppes et des jeux. Ensuite, arrivé à Ried, je voulus demander l'hospitalité à un couvent de Capucins, mais comme il était trop tôt j'ai continuai jusque Tosens et y trouvé une chambre. J'avais marché ce jour-là 22 km avec des pieds très douloureux. Je n'ai même pas mangé le soir car mon estomac se faisait aussi sentir.

 

Septième semaine

D'abord tranquillement par un ancien chemin solitaire. D'abord Pfunds ensuite une grand'route direction Italie. Grimpant par de petites routes sinueuses aux paysages splendides, puis de nouveau par des tunnels et galeries. Logé à Nauders. Le mardi il faisait soleil ; je continuai le 'Resschenpas', encore une petite route. L'on me donna un tampon à la frontière italienne et je continuai jusqu'à Resia. Je pris un chemin tranquille le ong d'un lac. A Burgeis je pouvais bien retirer mes premières lires du mur mais je ne trouvai pas de chambre. A l'office du tourisme à Mals l'on a téléphoné à tous les hôtels et chambres d'hôte, mais en vain. Finalement j'ai quand même eu une chambre chez des particuliers. Entretemps jje faisais déjà connaissance avec la pluie italienne. Le jour suivant : une lente descente, une peu de pluie parfois, ensuite des goûtelettes provenant des tuyaux d'arrosage d'innombrables vergers de pommiers. A Goldrain j'entrai - sans trop d'espoir - dans un grand hôtel (vacances sportives). Pas une chambre et plus d'autres hôtels à proximité. Après avoir beaucoup insisté j'ai pu dormir dans mon sac de couchage dans une sorte de dépôt (ou sauna ?). Il s'y trouvait aussi un banc solaire mais il n'y avait pas de fenêtres. A l'hôtel j'ai quand même pu regarder la télé et aller dans la piscine. 
Le lendemain : petit-déjeuner copieux. Je reçus encore un plan pour cyclistes pour que je puisse suivre les petits sentiers le long de Lasch et Töll jusque Algund. De beaux petits chemins agricoles par des vergers et arbres fruitiers. J'ai passé de jours formidables au Tirol du sud. Le samedi il y avait du brouillard mais il faisait lourd et chaud. A Meran j'ai fait quelques achats, j'ai dû chercher mon chemin à Lana où il commença à pleuvoir. J'ai continué dans la pluie jusque Nals. L'office de tourisme m'a envoyé à différents hôtels où il s'avérait ne pas avoir de place ; finalement j'ai quand même trouver une chambrette en dehors du village. J'allai téléphoner à la pension Rosenbaum où je bavardai avec les hôteliers, qui m'invitèrent au barbecue et ce fut très agréable. L'hôtellière me raconta qu'elle avait été 2 fois en Israel et ellle me montra son album de photos. Et moi je racontai mon pélérinage et l'on me considéra un peu comme un héros. Tard dans la soirée je dus aller à la recherche de mon logis, mais les verres de bière ne m'y ont certainement pas aidé !…J'ai dormi profondément et le lendemain j'eus un petit-déjeuner copieux dans le soleil.A Andrian jje fis des achats pour le week-end. En cours de route je vis les vergers changeant tout doucement en vignobles. J'étais presque arrivé dans la vraie Italie, ensoleillé. Par la Kaltere See (dans le lointain) jusque Tramin. Après de nouveau un succulent petit-déjeuner avec oeufs (Tirol du Sud) , je continuai par la Tiroler Weinstrasse. Des vignobles partout….A Lavis j'ai mangé une 'pizza alla verdura' et j'ai logé dans ma première 'albergo', malheureusement sans petit-déjeuner, normal en Italie.

 

Dangereux sur les routes vers Landeck, Tirol, Autriche. Pension Rosenbaum, Nals, Süd-Tirol.

 

Huitième semaine 

Je dormis un peu plus longtemps ;j' achetai un pain, du lait et du chocolat pour mon petit-déj sur un banc. Vers midi j'étais jéà à Trento. Je suis allé me reposer un peu à la 'Duoma' (la grand' église).J'avais déjà téléphoné à une télé mais je devais rappeler (mais je n'avais pas l'intention de le faire).Je passai ensuite par un bâtiment de la 'Radio Televideo Italiana' et je 
décidai d'y entrer. Avec des gestes et quelques mots de français et d'anglais j'atteignis via la 'security' l'une ou l'autre rédaction. L'on a bavardé un peu et l'on a pris quelques photos de moi en rue. On essaya de m'interviewé en italien mais il fallait que je répète quelques fois les phrases qu'on me soufflait pour qu cela soit compréhensible et je comprenais quand même ce que je disais. Par après je réalisai qu'ils ne m'avaient même pas offert une tasse de café ! ! ! Le soir, à Pergine je dus prendre un hôtel. Heureusement qu'il y avait uné télé et j'ai ainsi pu me voir sur la RAI TRE, dans un programme 'religieux'. Ils n'ont pas (osé ?) émettre ma courte interview…Le jour suivant je rencontrai quelques voitures me faisant des appels de phare : ces gens m'avaient sans doute reconnu de la télé et voulaient ainsi m'encourager. A Borgo j'ai dormi dans une ancienne 'albergo'. De ma petite radio j'entendis que de plus en plus de troupes étaient envoyées au Moyen-Orient. Sadam Hoessein continuait son occupation du Koeweit.
Le mercredi lors de ma conversation sur Radio 2, je racontai que mes chaussettes commençaient à bien s'user et le speaker incitait les auditeurs à envoyer des chaussettes au pélerin. Personellement je ne trouvais pas que c'était une bonne idée : car je savais bien me débrouiller moi-même. L'Italie ne fut- à mes yeux- pas vraiment un succès : des hôtels chers sabs petit-déjeuner, des grand' routes avec beaucoup de trafic et des tunnels dangereux et des paysages monotones. Seul point positif : les glaces qui me rafraîchissaient dans cette température torride du mois d'août. Puis par Primolano et Bassana de Grappa pour quitter ensuite définitivement les Alpes et je suis arrivé à Treviso le samedi où je vis encore un cortège de groupes de danses folkloriques. Dans une taverne archi-bondée je mangeai avec appétit une 'pizza pazza' avec beaucoup de légumes. Je trouvai une 'albergo' près de la Piazzo del signore où il y avait du bruit jusqu'à la nuit. Le dimanche soir après une promenade sous un soleil voilé, j'ai encore mangé une pizza (j'étais en Italie quand même !) et j'allai dormir tôt à Fossalta di Piave. Je me sentais très fatigué les derniers jours.

 

Neuvième semaine

IJe ne parvenais pas à trouver des cartes détaillées, de la Yougoslavie non plus. Voilà pourquoi je suivais presque tout le temps des grand' routes. Je traversai plusieurs rivières.IL faisait couvert mais chaud. Le mardi j'arrivai à Portogruaro. J'appris là dans une pension via mon émetteur radio que Willy Vandersteen (le créateur de Bob et Bobette) était décédé. Le jour suivant j'eus un court entretien sur Radio 2. La communication téléphonique était très mauvaise et je comprenais à peine Peter. Tous les magasins alimentaires étaient fermés à Palazzolo. Je logeai à nouveau dans une 'albergo'. Petit-déjeuner : deux cappuccinos et deux couques. Il faisait très lourd. J'eus l'occasion de cueillir quelques noix, les figues n'étaient pas encore mûres.Je suivis toute la journée la grand'route pour Tieste.Le soir à Cervignano je mangeai une peu de macédoine de légumes d'une boîte de conserve dans ma chambre à l'hötel Friuli. Petit-déjeuner dans la chambre avec du fromage,du pain et de l'eau. J'ai essayé de changer de l'argent yougoslave mais cela ne valait rien. Le soir un petit hôtel Pescadore à Duino. L' Italie est cher, et malgré quelques contacts avec des Italiens je ne m'y sens pas vraiment bien. A Sistiana je vis dans le lointain la mer Adriatique pour la première fois.Un employé du bureau de tourisme me donna beaucoup d'infos sur la Yougoslavie. Il commença alors à pleuvoir et je dus régulièrement m'abriter sous des arbres ou derrière des murs.J'étais près de Trieste mais je ne parvenais pas à arriver dans la ville.Je parcourai de petits villages sans hôtel et voilà pourquoi je passai ma dernière nuit en Italie dans un motel de luxe avec piscine, la nuit la plus chère de mon périple. A Pese j'ai assisté à la messe du dimanche dans une petite église. Les jeunes enfants de choeur étaient de petits plaisantins.Je supposais que le service était en slovénien. A la frontière je pus me procurer de l'argent yougoslave . Il me fallait bien examiner et soupeser le tas de dinars, de différentes grandeur et couleurs. Je compris que 1000 anciens dinars yougoslaves valait 1 nouveau dinar. Il fallait donc ôter trois zéros des anciens billets, encore valables. Au taxfree J'achetai encore avec mes dernières lires deux barres de chocolat. Une fois la frontière 

passée , les routes étaient beaucoup plus calmes. Parfois des camions passaient dangereusement près car il n'y avait pas de place pour les piétons. Beaucoup de bruyère et de buissons le long de la route.Le midi j'entendis à la radio que des cyclistes belges étaient numéros un et deux au championnat du monde au Japon. Nous avions un champion ! 
Il faisait nuageux et frais lorsque j'arrivai à Podgrad à un 'zimmerfrei', où je mangeai bien et où je reçus un slivovitch. Ici tout n'était pas aussi joli et bien entretenu qu'en Italie, où toutes les maisons devaient être sécurisées par des barreaux, chiens ou caméras. En Yougoslavie il n'y avait même pas de sécurité extra dans les banques (s'il y en avait une….)

 

A Rijeka, Croatie. Le long du côte Adriatique en Croatie.

 

Dizième semaine

Après un énorme petit-déjeuner de pain et de confiture , je fis encore quelques achats au 'market', un supermarché ' à la yougoslave' : peu de choix mais les produits de base principaux s'y trouvaient. Du lait dans des sachets en plastique ! Ensuite je continuai par des routes très fréquentées avec beaucoup de caravanes et des bateaux sur des remorques. Beaucoup d'ordures le long des routes.J'avais traversé la presqu'île de l'Istrie et je revoyais la mer adriatique. Logé à Matulji. Il y avait aujourd'hui une grève générale à Kosovo ! Le matin je m'étais trompé de route, direction Opatija. J'ai perdu ainsi une grosse heure et arrivai finalement à Rijeka à 12 h. Un certain Boris m'aborda en anglais et m'a bien aidé à poursuivre ma route. Il m'a accompagné jusqu' Yugobanka (pour le visa) et l'office de tourisme. Nous avons bu ensemble une bière et mangé une glace. Il m'a montré le bon chemin pour quitter Rijeka. Logé dans un 'zimmerfrei' à Martinsvica et mangé dans un 'buffet'.Les gens sont aimables et connaissent assez bien l'allemand, grâce au tourisme.J'y ai eu quelques conversations intéressantes. J'ai suivi la 'Jadranska Magistrale' (grand'route le long de la côte adriatique).Beaucoup d'industries de raffinnerie de pétrole à Bakar :l'on voyait des flammes permanentes de gaz gris-noir. A Bakarac j'allai m'abriter de la pluie dans une église et j' ai pris mon déjeuner au jubé. Une femme entra tout à coup, pria à haute voix et sortit aussi vite qu'elle était entrée. Mais elle avait bien fermée la porte à clef ! Je me disais que je devrais faire sonner les cloches pour qu'on vienne me libérer mais heureusement que j'ai trouvé une porte d'une entrée latérale dont la clef était à l'intérieur et j'ai ainsi pu sortir ! Plus tard en cours de route j'ai conversé avec quelques touristes belges. Le lendemain, vu que je n'avais pas de carteadéquate, je me suis perdu dans un petit village ; le chemin devenait de plus en plus étroit, j'essayai de descendre une côte mais j'aboutis finalement dans des chardons. Lorsque je vis tout à coup à la hauteur de mon visage un petit serpent vert sur une branche, je décidai vite de rebrousser chemin. Je me perdis à nouveau et je dus finalement retourner à Klostar. J'atteignis le midi Crikvenica par la grand-route où je pus envoyer deux films à Stan dans une enveloppe de fortune. Ensuite je trouvai une petite route le long de la plage : touristes, adorateurs de soleil, monokinis…J'entendis à la radio Sadam Hoessein incitant à une guerre sainte pour la libération de Jérusalem. Dimanche aura lieu une conférence au sommet entre Bush et Gorbatchov. Le vendredi soir à Senj l'ofice de tourisme me donna une chambre dans l'appartement de Sonja. Je pris le thé avec elle et elle tentait de répondre à mon français en italien ; pas vraiment une conversation réussie !..Lorsque j'entendis jouer les enfants à l'extérieur je pensais à une chanson de Marianne Faithtull nt. :'it's the evening of the day ; I sit and watch the children play…' Je marchai tout mon 70ième jour le long de la côte adriatique. Beaucoup de petites îles dans le lointain couleur rouille dans une mer brillante. Pour atteindre ma 'zimmefrei' je devais encore grimper 400 mètres dans des buissons. Je fus assez ému d'entendre à la radio 'Daar gaat ze' de Clouseau dédié à ' nos garçons au Golfe '. Moins de trafic le dimanche sur la 'Jadranska Magistrala'. Le soir j'allai encore nager à Cesarea, près d'un petit port. Je bus un demi litre de vin : je laissai les moustiques dans le verre.

Traduction    Joëlle Boone

 
Suite à la deuxième partie
 

 
Etappes  
 
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